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Photo d'illustration: ©Wikipedia

Le ‘‘dossier médical’’ numérique, un impératif à atteindre

Le dossier médical est un document indispensable dans l’exécution des soins de santé. Malheureusement dans  les structures sanitaires burundaises, son élaboration semble échapper à toute règle, ce qui peut constituer un danger pour le patient. Le blogueur  Ivan Corneille Magagi, étudiant en médecine, nous révèle certaines de ces failles et propose une solution.

À un moment donné, nous nous sommes tous fait soigner dans une structure sanitaire. La première fois qu’on se rend dans un cabinet médical, on doit payer pour une fiche ou un  petit carnet. Le médecin y griffonne ce qu’il tire de son interrogatoire, et un peu de ce qu’il prescrit comme traitement ou examens. C’est ça un dossier médical, en français facile. C’est un document qui retrace l’histoire médicale d’une personne. Il fournit au médecin les antécédents de son patient et les traitements suivis, pour pouvoir améliorer la qualité des soins. Cependant, au Burundi, on peut avoir autant de dossiers qu’il y a de structures sanitaires dans le pays : il suffit de changer de cabinet ou de perdre le numéro de son précédent dossier pour en avoir un nouveau. Parfois, dans un même hôpital, on peut avoir un dossier dans chaque département (médecine interne, ORL, Chirurgie…).

Les inconvénients

Il va de soi que le dossier médical ne sert plus autant quand le médecin traitant ne peut pas avoir accès à l’historique complet de son patient, ses dossiers étant éparpillés dans tout le pays. Le médecin pourrait par exemple mettre un patient sur un traitement qu’il suit déjà, ou lui prescrire des médicaments qui se sont avérés inefficaces antérieurement, ou encore susceptibles de provoquer des allergies mortelles. Le médecin ne se fie qu’à l’interrogatoire du patient qui offre souvent des informations subjectives et imprécises.

La plus-value de la numérisation

Avec la numérisation, chaque personne devrait avoir un seul dossier médical accessible au personnel soignant, disponible dans le téléphone du patient ou partagé en réseau par les structures sanitaires. Celui-ci serait beaucoup moins encombrant, et efficace dans la mesure où il contiendrait l’histoire exhaustive du patient ainsi que des éléments jusque-là absents du dossier classique comme les clichés radiologiques et les résultats des examens complémentaires. Le patient ne dépenserait plus pour des examens déjà réalisés et pourrait modifier son dossier, l’enrichir dans une parfaite chronologie par des éléments très utiles au médecin comme l’évolution des signes et des paramètres tels que la température, le poids, la taille… Ce dossier permettrait aussi d’établir plus facilement les responsabilités, en cas d’erreur médicale.

Une mission possible

A l’ère de l’informatisation des services publics, l’instauration d’un tel système n’est pas une utopie : c’est une question de priorité. Il suffirait de copier sur l’interconnexion des banques et de la poste. Des hôpitaux privés ou publics à Bujumbura sont par ailleurs avancés dans l’informatisation du système de soins et de la facturation en hospitalisation. Les bases sont donc posées, il ne reste plus qu’à améliorer et exporter le modèle.

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