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Photo d'illustration: Pixabay

Confessions d’une femme brisée

À la fin de l’année, on assiste parfois à un marathon de mariages. Malheureusement, les unions faites dans la précipitation, souvent, ne font pas long feu. Sur ce, le blogueur Véritas Ngendakumana nous livre le témoignage d’une femme désillusionnée quelques temps après avoir épousé un « inconnu ». Témoignage.

Je viens d’un village de Gitega et dans ma famille, je suis fille unique. À la fin des humanités générales, j’ai reçu une bourse d’études pour l’université du Burundi où je suis allée.

Tout allait bien jusqu’au jour où l’on a fait une sortie entre camarades. J’ai rencontré Sylvain par hasard ce jour même. On a commencé à se parler et très vite, j’ai été captivée par sa gentillesse. Ce n’était plus une simple connaissance pour moi. Au bout de quelques jours, je lui racontais mes problèmes, mes ressentis et mes études, et à ma grande surprise, il me comprenait.

Je le trouvais différent des autres garçons de son âge. Sylvain était très attentionné et très intelligent. À l’époque, je ne me souciais de rien, je n’ai découvert que plus tard qu’il était intrépide et vivait sans remords. Je me suis mise à nu dans nos échanges, car j’avais éperdument confiance en lui et surtout parce que j’étais tombée amoureuse. Pourtant, malgré le fait qu’il savait tout de moi, il demeurait très mystérieux, et de lui, je ne connaissais que le nom. Cependant, petit à petit, nous nous sommes échangés quelques rendez-vous. Une aventure entre lui et moi semblait avoir une importance à ses yeux.

Parfois l’amour nous rend aveugle. Ma famille et mes amis avaient fini par devenir inintéressants à mes yeux. Je m’emportais quand ils critiquaient ou parlaient du supposé côté négatif de Sylvain, qui déteignait au final sur moi. Alors quand il m’a proposé de partir avec lui et de nous marier, je l’ai suivi sans arrière-pensées.

 Quelle bêtise ! J’avais oublié que l’on se fréquentait depuis seulement six mois, mais dans mon for intérieur, j’avais signé ces papiers et, finalement devant la loi, je suis devenue sa femme.

Je m’en foutais des consentements de la famille, mais que dire, mes parents étaient pauvres et non cultivés, et sur ce fait, je leur exigeais de respecter mes choix. Je pleurais, je les menaçais ! Mais toute l’histoire a fini par prendre une bonne tournure à la fin. La dot fut versée et mes parents rentrèrent à l’intérieur de Gitega au fond de Nyabututsi.

Une aventure pour la vie très éphémère

Après mon supposé mariage avec Sylvain, j’ai commencé à connaître sa vraie personnalité. Il m’étouffait, me méprisait, me maltraitait. J’ai fini par perdre même mon sourire. J’ai alors commencé à penser à ma famille avec nostalgie. Je ne me préoccupais plus de ce qui se passait autour de moi, à part rester clouer à terre et me répandre en larmes. Au final, on s’est rendu compte qu’on n’était pas compatible. J’avais succombé très facilement, comme la plupart des filles que je connais. Je m’étais précipitée, puis je me suis cassée les dents. Mon mariage avait fini par être ma mort, et on a décidé de se séparer. Le divorce allait être prononcé.

J’ai eu effroyablement mal. Je voyais ma famille me poser une foule de questions auxquelles je ne pouvais pas répondre. J’avais mis sur pause toute ma vie, et il fallait que je reprenne presque à zéro : que je retourne faire mes études, que je cherche un petit travail pour survivre. J’avais honte de moi et la famille de mon ex-époux me regardait comme une mendiante. Ils faisaient tout pour s’assurer que je ne demande aucun revenu. Je n’en avais pas besoin, tout ce qui venait de lui me dégoûtait. J’ai compris que j’étais seule, seule face à tout le monde. Mon mariage était mort-né. Alors quand j’y repense, tout paraît être de ma faute. Je n’ai pas voulu connaître mon ex-époux, on s’est précipité. Je regrette encore et infiniment, et je ne pense pas pouvoir m’en remettre un jour.

Aujourd’hui, j’ai toujours mal, mais je voudrais que mon histoire serve d’exemple. Comme le dit Sören Kierkegaard : « Le mariage est et restera le voyage de découverte le plus important que l’homme puisse entreprendre. »

Un mariage, c’est pour la vie. Le jour où tu penseras à dire le grand « oui » pour l’éternité, songe à être bien préparée.

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Recent Comments ( 8 )

  1. Evidemment,l’amour est aveugle.on lance un pas,deux pas pour la troisieme pas on part et on arrive loin.quand l’amour lui frappe,il est difficile d’y sortir.
    conseil:on a le plein droit de choisir avant.lorsque on est deja en amour il faut marcher doucement pour etudier comment il est ou elle est en vue de ne pas lui casser le coeur.merci.

    1. 1. La vie doit continuer pour les deux. Le divorce, pas bon. S’il arrive, il faut se remettre et recommencer. La vie à deux, vaut la peine d’ etre vécue. Les joies et les peines… 2. « En 6 mois, de lui, je ne connaissait que le nom, (…) parents pauvres et non cultivés, (…) la familles, les amis, (…), que mon histoire serve d’exemple.
      3. » On était pas compatibles, on a décidé de se séparer ».

      Je demande pardon si mes idées choquent l’un ou l’autre. Ces divorces choquent nos consciences et compromettent l’avenir de notre peuple.
      1/ Umugore yahukanye, baramucura, agasubira mu rugo. Uruhande rw’umuhungu barabikora, uruhande rw’umukobwa bakabakira, bakaganira, bakiga ivyabateranije, bagatora umuti, bakagiranira amasezerano , abana bagasubira kubana neza. Ubu birakorwa? Inama y’umuryango, parrain, marraine, bamwe bose batumirwa ku bugeni, mbere na Sentare, bananiwe gufasha ingo gukomera?
      2/ Kenshi abubakana ntibabikora bonyene. Baratumira gusaba irembo, gukwa, ubugeni, gutwikurura… Uburyo bwinshi cane burasohoka.
      3/ Kubera iki abubu umenga kubakana birabagora? Ngo sinkimwiyumvamwo. Erega muhuzwa n’ishaka ryo kubana no kubakana, mukihanganirana, ntaca aba nkawe canke ngo ube nkawe. Bigoranye, hariho abazi gufasha ingo, barazi icica n’igikiza, begere, bumwire, rengera ibibatandukanya. Ntimuhemuke, ntimumene ibanga. Si uguhonja ngo uce uja ahandi canke mu bindi.

  2. J’aimerais demander à cette dame de rester courageuse car elle l’est déjà, mais sans dire le contraire, je pense humblement qu’il n’y a pas que la précipitation dans les causes des divorces. Certains pensent que deux ans sont nécessaires avant de « s’engager ». Chez certains, ses bonnes qualités et celles de sylvain qu’elle relève pouvaient rester intacts pendant toutes la durée des fiançailles. « Akarimi kakuresha si ko kakurongora. »  » Haraba guhisha igeso ». « C’est devant les événements qu’on juge les hommes ». Les conflits ont de multiples causes et surgissent aussi dans de vieux ménages.

  3. C’est dur pour elle

    Me je crois qu’elle a fait l bn choix maina car ds bcp de ménages est l’enfer …mais ni la femme ni l’homme n’a le courag de demander le divorce…dans la vie il FO au moins aspirer a etr libre bien que l’on ne soit PS du TT libre….

  4. Vous ne pensez pas que la lourdeur des procedures pour se marier (gusaba irembo, la dot, le mariage, levee de voile) etc et cela souvent sur les depenses du mari, est un tue-l-amour??les familles qui s imiscent dans le couple et orientent votre couple..donc analyser le probleme par les consequences n est pas franc et honnete et ca ne fournit aucune solution..plutot analyser le probleme a la source…ce cas n est pas un cas delibéré, beaucoup temoignent que apres les ceremonies rien n est plus comme avant..ne blamez personne plutot essayer de revoir notre culture et l adapter au monde actuel

  5. si elle est encore dans cet état, j’aimerais la rencontrer pour lui parler de Jésus. C’est le seul ami de toujours et qui fait vraiment la différence!

    Merci de la contacter pour lui donner mon numéro: 79587918

  6. « L’amour est une rose, chaque pétale, une illusion, chaque épine, une réalité »
    Les beaux moments deviennent de beaux souvenirs; Les mauvais moments deviennent de belles leçons.
    De toutes les façons, mariez-vous , c’est délicat !
    Alors, je me demande si la durée de fiançailles serait garantie d’un bon mariage! Ngo imbere yuko mwubakana, fata Umwana wo kwigana, mumenyane, bisaba imyaka ingahe? Naho womwiga, ukamucamwo Doctorat, yoguhinduka ukabura aho wamubonye!
    SENGA IMANA IGUCAGURIRE,
    UMUGORE MWIZA ATANGWA N’IMANA

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