sida
Photo d'illustration: Flickr

« J’ai le Sida, je vis avec et je n’ai plus peur »

A l’occasion de la journée internationale de la lutte contre le Sida  célébrée chaque 1er  décembre, la journaliste-blogueuse Arlène Muco partage l’histoire d’Amanda, une fille qu’elle a rencontrée grâce à l’émission de radio 10 « mp’agaciro ».

« J’ai arrêté mes études pendant quatre ans. Ma belle-sœur pensait que je n’avais plus beaucoup de jours à vivre. Elle estimait que continuer à me payer le minerval c’était gaspiller l’argent de la famille ». Voici ce qui reste de la période sombre de la jeune Amanda.

Elevée par son père, Amanda n’a pas connu sa mère, morte alors qu’elle était encore un bébé. Amanda a deux grands frères et a eu une enfance épanouie malgré l’absence de sa mère, entourée de l’amour de son père. Son père l’aimait beaucoup. Il travaillait chez un blanc qui les avait accueillis à son domicile tous les deux. Ses deux frères, eux, étaient restés à la campagne, dans la maison familiale.

A l’âge de 5 ans, son père est tombé gravement malade. Il s’affaiblissait au  jour le jour, et aucun remède ne semblait pouvoir le guérir.  Le muzungu, son patron, n’était plus au Burundi et le père d’Amanda décida de retourner à l’intérieur du pays, où il passa ses derniers jours. La mort n’a pas tardé à frapper et il mourut dans les bras de ses deux fils qui étaient restés à la colline. Amanda commença l’école et un de ses frères décida de venir s’installer à Bujumbura. Quelques années plus tard, son frère qui était à Bujumbura se maria, et Amanda s’installa avec eux.

Dépistée séropositive

Après la sixième année, confie Amanda, pendant les grandes vacances, elle fut attaquée d’une maladie de la peau. « J’étais couverte de petits boutons rouges sur certaines parties du corps », se souvient-elle. C’est ainsi qu’une de ses cousines lui demanda d’aller se faire soigner. Amanda avait le SIDA… Oui, la petite Amanda était en effet atteinte du VIH depuis sa naissance. Sa famille avait jugé bon de lui cacher cette vérité pour « la protéger ». Amanda venait aussi de découvrir pourquoi ses parents étaient partis si tôt.

Comme si ce n’était pas assez pour dévaster Amanda, sa belle-sœur commença à faire de sa vie un enfer. Elle réussit à convaincre son frère de ne plus payer ses frais scolaires. « Elle ne vivra pas longtemps de toute façon », disait tout le temps sa belle-sœur, comme pour achever Amanda.

Un bon samaritain

Amanda a dû abandonner les études, quitter son frère et sa belle-sœur, pour aller vivre chez sa cousine, pour retrouver le chemin de l’école quatre ans plus tard grâce à Dieudonné, son cousin qui vit Europe. Ce dernier paie tout, ou presque.  

Aujourd’hui, Amanda avance très bien dans ses études, prend régulièrement ses ARV. Souriante, elle a accepté la maladie et ne se prive pas d’envisager un avenir brillant.

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Recent Comments ( 2 )

  1. Merci pr l article et le temoignage aussi enrishissant qu’enseignant, ça ns revelle combien la discrimination e l absence de connaissance de cette maladie prive jusqu’à ce jour bcp d personnes de soins. Oui le SIDA est incurable actuellement, m l’esperance d vie est la même pr un Séropositif qu’une personne Séronégative à condition qu’il (elle) adhere aux conseils d son medecin traitant, aux ARVs e au changement de comportement consequemment.

  2. Au moment où le monde cherche à atteindre les « 90-90-90 » UNDP goals:
    90% des personnes depistées
    90% des personnes depistées positives mises sous traitement ARV
    90% des personnes depistées positives mises sous traitement ARV suppriment leur charge virale endéans 6 mois,

    Voila où ns en sommes encore.

    Que faire?
    Sensibilisation – Education pr changement de comportement – Counselling etc
    Que chacun (une) apporte sa pierre.

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