Débat Yaga
Photo d'illustration: photo du débat L'autre c'est moi ©Yaga

Et si le salut passait par les initiatives citoyennes ?

« La classe politique a montré ses limites. Au tour des citoyens de prendre en mains les affaires de la cité ». Voici en gros le message du blogueur Yves Irakoze. S’il nous appelle à nous ressaisir, il n’oublie pas de féliciter certains Burundais qui font avancer les choses par leurs initiatives.

Avec la crise que traverse le pays, difficile de penser l’avenir du Burundi sous un autre angle que celui, trop présent, de la politique. Presque tout le monde, toutes tendances politiques confondues, attend la « victoire finale » de son camp à l’issue des péripéties politiques interminables. Avant d’ajouter avec une moue un brin optimiste: « Après cela, le Burundi deviendra le pays le plus prospère de la région ». Sauf que je ne crois pas en cette théorie. À force de n’avoir d’yeux que pour la politique, nous perdons de vue un autre domaine crucial : l’importance de l’engagement citoyen dans le développement d’un pays.

Sous d’autres cieux, les citoyens s’engagent fortement pour des causes nobles, même là où les Etats ont montré leurs limites. Nous avons tous assisté, admiratifs, au travail formidable qu’accomplissent certaines ONG dans le secours des migrants qui tentent de traverser la mer Méditerranée pour l’Europe. Dans notre propre pays, des ONG internationales participent activement à l’amélioration des conditions de vie de milliers de nos concitoyens. Avec ces organismes dont les Burundais raffolent les salaires avantageux, on oublie parfois qu’ils doivent le gros de leur train de vie à la générosité des citoyens de leurs pays d’origine.

Des modèles à suivre

Une mention spéciale toutefois à ces Burundais qui se mobilisent dans différents domaines pour faire avancer les choses sans attendre, peinards, qu’elles ne se fassent d’elles-mêmes. Récemment, j’ai par exemple hautement apprécié la bravoure de la jeune burundaise Judicaëlle Irakoze et son initiative de collecte de fonds pour offrir 100 matelas aux dortoirs du Lycée Kiganda . Et elle n’est pas la seule dans ce genre ! De Leis-Bruel Haragirimana avec le « Sunday meal » jusqu’à Landry Mugisha avec le projet « Akeza » en passant par Jadot Nkurunziza, le groupe de presse Iwacu et son prix littéraire « Michel Kayoya ». Tout ce beau monde constitue est une lueur d’espoir dans le ciel parfois trop sombre au-dessus du Burundi.

Notre vie, notre combat

Je plaide ici pour une appropriation plus accrue des affaires de la cité par les citoyens eux-mêmes. Dans la détection précoce et le mentorat de jeunes talents, dans la recherche de solutions locales aux défis locaux, dans la veille citoyenne par rapport aux réalisations des élus, il y a de la place pour tout le monde. Les politiciens ? Ne vous inquiétez pas pour eux, ils sont assez malins pour prendre le train en marche. Comme le disait si bien l’abbé Pierre : » « Ce n’est pas à nos gouvernements de nous montrer comment être solidaires. C’est à nous de leur montrer la société que nous voulons. Ils comprendront. »

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