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Et si le bizutage à l’Université du Burundi était devenu obsolète ?

Alors que les inscriptions à l’université du Burundi (UB) sont ouvertes du lundi 19 au vendredi 30 septembre 2016, les traditionnels rites relatifs au bizutage des nouveaux venus communément appelés « intégration » ou « civilisation » y reprennent forme. Pour le blogueur Ivan Corneille Magagi, plus les années passent, plus l’intégration perd un peu de son goût et de son sens. Il se demande si aujourd’hui elle n’est simplement pas devenue obsolète.

L’intégration suppose des pratiques visant à confronter les nouveaux aux réalités de la vie en communauté à l’université du Burundi. Elle est censée briser les préjugés et les complexes des nouveaux pour leur permettre une meilleure cohésion. Elle fait passer les nouveaux d’un statut de « jeune diplômé intelligent, ambitieux et aîné des écoles secondaires » à un plus modeste statut d’apprenti, cadet d’une communauté vieille d’un demi-siècle. Elle prépare les futurs membres d’une très vaste communauté qui apprennent comment ils devront la servir fidèlement et courageusement, au prix de leur honneur. À l’issu de l’intégration, chaque « puant » (nom péjoratif désignant les nouveaux) est censé affirmer son appartenance aux « poillissimes » (les aînés), une communauté estudiantine dont il jure de défendre les intérêts. C’est ainsi que, avec la culture revendicatrice des étudiants des universités publiques, l’intégration est perçue à tort ou à raison comme le cadre de formation des futurs grévistes.

Le hic

L’intégration se fait dans le désordre, au bon vouloir du poilissime. Il n’existe pas par exemple de manuel explicitant les pratiques relatives à cette nouvelle « civilisation ». Ce qui se fait varie d’un campus universitaire à l’autre. Ces « aînés » ne parviennent pas à se coordonner et ne font que confondre intégration et humiliation : forcer les novices à se raser complètement la tête, à s’insulter entre eux, à prononcer des vocabulaires si lourds, embarrassants.

De plus, je me demande ce que l’on peut garder comme leçon d’un rituel d’initiation qui est imposé, qu’on n’a pas choisi de suivre. En principe, on devrait laisser le choix aux nouveaux de suivre ou pas ce programme, d’accepter ou refuser les honneurs et privilèges qui vont avec.

Il est grand temps de repenser la formule de l’intégration, en se concentrant sur ce qui fonde les valeurs humaines. Les pratiques brutales qui ne concourent pas l’intégration  ne devraient plus avoir de place dans une communauté universitaire.

L’intégration est condamnée à se moderniser, s’adapter, ou à disparaître.

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