Burundi Femmes

Une femme non mariée a droit de mettre au monde!

On aime souvent le dire, « Tout change, tout évolue »! C’est une observation que la bloggeuse Inès Ininahazwe nous partage. Elle a observé la culture burundaise vis-à-vis de la femme et trouve que la femme devrait pleinement jouir de ses droits comme le garçon pour une vie épanouie. Par exemple, illustre-t-elle, une fille enceinte avant le mariage n’est pas à marginaliser!

Nous vivons dans une société de tabou. Il est préférable de se taire sur certains sujets, ou en parler dans les coulisses. Tout le monde en connaît au moins un : une sœur, une amie, une connaissance, une collègue est enceinte sans être mariée! Phénomène courant depuis que la société burundaise existe. Mais aussi dérangeant, car ça ne laisse pas les gens indifférents.

Dans le Burundi d’antan, c’était une honte pour la famille de la fille, un sacrilège envers la tradition. « Igisumanyenzi » (une sorte d’abîme) attendait la pauvre. C’était fini. L’on entendait plus parler d’elle. Ni vue ni connue. Dans cette société sans pitié ni deuxième chance, la tradition ne disait rien sur le sort réservé au jeune garçon avec qui elle avait entretenu une relation. Tout simplement parce que dans la société patriarcale, les femmes et les hommes ne s’équivalent pas. Admettons que les temps changent, ou que  les droits de l’homme évoluent. La future mère n’est plus jetée dans le fossé. Ouf !

Autres temps, autres mœurs ?

Certes, le traitement ou le sort réservé à ces personnes n’est plus cruel, mais il est des choses qui restent à revoir. Si la fille a la malchance d’être encore sur le banc de l’école, cela équivaut à un renvoi. Et bonjour la galère. C’est un état de choc difficile à gérer, que ce soit pour la fille ou pour sa famille. Les unes sont soit chassées de leur domicile, d’autres subissent une pression énorme pour avorter. Et vu qu’elles ne sont pas autonomes dans la plupart des cas, le choix est difficile pour elles, voire limité. Les plus chanceuses, dirais-je, si elles sont majeures, un mariage s’impose illico. Les moyens dont disposent les deux jeunes pour fonder un foyer devient le moindre des soucis. Il faut vite sauver l’honneur de la famille.

Donner naissance, ça reste un droit !

Vous me direz : les contextes sont différents. Je l’admets aussi. Mais les sanctions ne sont pas à encourager. Pour les très jeunes filles, encore à l’école primaire ou secondaire, un renvoi n’est pas la  meilleure solution. Elles ont surtout besoin d’assistance, de soutien de la part de la famille et de la société. Elles se sentent parfois exclues, sans avenir. Les pointer du doigt, les considérer  comme des parias ne font que les enfoncer. A mon avis, il faudrait plutôt promouvoir la sensibilisation sur la santé sexuelle et reproductive. Que ce soit à l’école, mais aussi dans les familles, à huis clos, surtout dans cette société où la communication en famille sur la sexualité reste un mythe.

Tout au moins s’il y en a pour qui c’est délibéré, les majeures, on devrait respecter leur choix.

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Recent Comments ( 1 )

  1. Je suis d accord avec toi Ines, au lieu de les stigmatiser une fois que c est arrivé on devrait commencer par une education sexuelle et reproductive.. CE dont je suis sure, nos pte soeurs vivent dans l’ignorance… Thx for the piece dear

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